un village dans la
ville
Montmartre a conservé son
charme. Si les touristes du monde entier se pressent
autour du Sacré-Coeur et de la place du Tertre,
on retrouve, à quelques mètres de là,
les rues désuètes d'un petit village. Notre
itinéraire permet de saisir ces deux aspects de
Montmartre et, après un périple à travers
son cimetière, de parcourir le quartier de Pigalle,
symbole du « Paris des plaisirs».
Église St-Jean de Montmartre. Édifice sans grâce, à parements
de brique, premier monument religieux en béton armé construit
en France (1894-1904).
Square Jehan-Rictus. Jardin allongé, qui occupe l'emplacement
de l'ancienne mairie du XVIIIe arrondissement, où se maria Verlaine.
.
Martyrium. Dans la crypte, sorte de grotte où saint Denis aurait été décapité.
C'est là que saint Ignace de Loyola prononça ses premiers voeux.
(N° 5,rue Yvonne-le-Tac.)
Funiculaire de Montmartre. Modernisé, c'est toujours le moyen
d'accès qui permet le mieux de saisir d'emblée le site de la
butte Montmartre (le service est assuré de 6 h à 23 hl. Au
plafond des voitures, direction des principaux monuments visibles pendant
la montée du funiculaire.
Square Willette. Ensemble de massifs en pente et d'escaliers monumentaux
dominés par la masse du Sacré-Coeur.
Place du Parvis. Panorama étendu, embrassant tous les grands
monuments de la capitale. Double table d'orientation.
Basilique du Sacré-Coeur. Sa construction, fruit d'un voeu
des catholiques après la défaite de 1870, fut déclarée
d'utilité publique et Abadie en établit les plans. Commencée
en 1876, elle ne sera achevée qu'en 1910. En raison de sa situation,
ce monument est l'un des plus populaires de Paris. Du dôme (visite
payante), on découvrira un immense panorama.
Rue AzaÏs. Perspective typique sur les escaliers de la rue Foyatier
aux pittoresques réverbères. Aperçus sur le petit square
Nadar
.
Église St-Pierre de Montmartre. C'est tout ce qui reste de l'ancienne
abbaye de Montmartre. Derrière une sobre façade du XVIIIe s.,
le vaisseau de style gothique, mal éclairé, remonte au XIe s.,
mais les voûtes de la nef ont été refaites au XVe s. Au
S. de l'édifice, du jardin du calvaire, belle perspective sur le simple
clocher.
Place du Tertre. C'est le centre du « village» de Montmartre,
bordé de maisons basses, cabarets et restaurants. Les terrasses débordent
sur le terre-plein, qu'ombragent de vieux arbres, encombré d'étalages
d'artistes réussissant parfois à vendre l'une de leurs toiles à quelque
touriste en mal de souvenirs. Au n° 3 fut installée la première
mairie de Montmartre.
Rue Norvins. L'une des plus insolites de Montmartre. L' Historial, à gauche,
est un petit musée de cire évoquant l'histoire du village.
Place du Calvaire. Un banc, des murets, des réverbères,
quelques arbres, une vaste vue sur Paris: cette place minuscule est la plus
charmante et la plus typique de la Butte.
Rue St-Rustique. Au point culminant de la Butte (129 m), c'est une
petite rue villageoise.
Rue des Saules. En pente vigoureuse - il y a même quelques escaliers
- elle tient sa célébrité de ses pittoresques restaurants:
la Bonne Franquette, à un carrefour qui inspira maintes fois Utrillo
et où Van Gogh peignit sa Guinguette; la Maison Rose, au coin de la
rue de l'Abreuvoir, face à la fameuse vigne de Montmartre, curieusement
exposée au N.-O. et toujours jalousement cultivée; le Lapin
Agile, ancien cabaret des Assassins, qui prit le nom moins effrayant du peintre
de son enseigne (A. Gill), fut fréquenté par des artistes et écrivains
célèbres: Carco, Mac Orlan, Dorgelès, Suzanne Valadon,
Utrillo, Picasso, Vlaminck...
Cimetière St-Vincent. Tombes d'Émile Goudeau, Steinlen,
Chéret, Harry Baur, Honegger, Utrillo...
Place Constantin-pecqueur. Simple carrefour agrémenté d'un
jardin triangulaire que domine un monument à Steinlen.
Allée des Brouillards. Ce chemin plein de mystère se
glisse entre de belles maisons calmes, précédées de
jardins. Sur la gauche, le sobre château des Brouillards, du XVIIIe
s., a conservé toute sa mélancolie feutrée. Il fut habité par
le poète Gérard de Nerval en 1846.
Square Suzanne-Buisson. Ancien parc du château des Brouillards,
avec une fontaine et une statue de saint Denis.
Moulin de la Galette. Le célèbre bal a deux moulins,
les seuls restant de la dizaine qui dominaient autrefois la Butte.
Place Émile-Goudeau. Cette place délicieuse, suspendue
au-dessus de la rue Ravignan, marque la limite du village de Montmartre et
de la ville. Au n° 13 se trouvait le Bateau-Lavoir, où travaillèrent
de nombreux peintres et écrivains: Picasso, Modigliani, Van Dongen,
Braque, Max Jacob, Apollinaire, Mac Orlan, etc. Il ne subsiste malheureusement
plus rien de ces ateliers qui virent naître le cubisme.
Cimetière de Montmartre. Moins célèbre, moins
grandiose et moins accidenté que le Père-Lachaise, il correspond
davantage à ce que l'on attend d'un lieu de repos. Le circuit indiqué sur
le plan permet de découvrir les tombes de plusieurs personnages célèbres:
Lucien et Sacha Guitry, haute pierre masquée par le lierre; famille
Cavaignac, avec une statue de bronze de Godefroy Cavaignac, par Rude; Labiche, Émile
Zola, au sommet d'un escalier; Hector Berlioz; Meilhac, avec un monument
de Bartholomé, à la pointe de l'avenue Berlioz et de l'avenue
Cordier; Théophile Gautier et une statue allégorique de la
Poésie; Ernest Renan; Alexandre Dumas fils, avec un gisant ; le sculpteur
Henri Millet; Carle Vernet; et, dans l'avenue de Montmorency, Edmond et Jules
de Goncourt et Alfred de Vigny.
Avenue de Clichy. Large artère à deux chaussées
séparées par un terre-plein, souligné d'une double rangée
d'arbres. C'est, plus que la Butte elle-même, le grand axe du Montmartre
des fêtards. Cinémas de toutes espèces, cabarets, boîtes à chansonniers,
théâtres, caveaux, sex-shops, salles de jeux s'y succèdent
presque sans interruption, surtout du côté nord. On remarquera,
au passage, le théâtre des Deux-Anes, le Paramount, le Moulin-Rouge
(voir ci-après), le théâtre de Dix-Heures.
Place Blanche. Ainsi nommée à cause d'anciennes carrières
de plâtre, elle se trouve au débouché de la fameuse rue
Lepic, dont la pente est l'une des plus fortes de Paris. Le Moulin-Rouge,
cinéma et music-hall, qui tire son nom de l'énorme moulin qui
lui sert d'enseigne, a été immortalisé par les célèbres
tableaux du peintre Toulouse-Lautrec.
Place Pigalle. Digne pendant de la place Blanche avec son fameux « petit
jet d'eau », c'est le coeur de la zone la plus chaude de Paris, tant
dans ses caves que sur ses trottoirs.